La médiation est pour moi un espace essentiel lorsque la communication au sein d’une famille devient difficile, confuse ou tendue. Lorsque l’écoute n’a plus sa place, les malentendus s’installent, les positions se figent et les relations se fragilisent, parfois jusqu’à engager des démarches judiciaires longues et éprouvantes dont personne ne sort réellement apaisé.
Je crois profondément à la force d’un lieu où l’on peut enfin se dire et être entendu, remettre de la clarté dans ce que l’on vit et exprimer ses besoins sans crainte d’être jugé. La médiation ne prétend pas faire disparaître les tensions, mais elle permet de redonner sens aux échanges, d’apaiser ce qui peut l’être et de retrouver une capacité d’action, ensemble ou séparément.
Ma pratique s’est naturellement orientée vers l’accompagnement des hauts conflits familiaux, ces situations où les échanges se vivent à couteaux tirés, où la défiance domine et où les parents, submergés par l’intensité du conflit, en viennent parfois — sans le vouloir — à perdre de vue la présence et les besoins de leurs enfants. Dans ces contextes, j’accompagne très souvent des familles confrontées à une rupture ou à une perte de lien entre un enfant et l’un de ses parents.
Pour ces familles, ma conviction est forte : le conflit doit pouvoir être purgé. Un enfant a besoin de connaître son histoire et celle de son parent pour comprendre ce qu’il traverse et, plus tard, pouvoir décider en conscience de la relation qu’il souhaite construire — ou non — avec ce parent. La médiation lui offre un espace où il peut exprimer ce qu’il vit, ce qu’il ressent et ce dont il a besoin. En tant que médiatrice, j’accueille cette parole avec respect et veille à ce qu’elle soit entendue, sans jamais faire peser sur l’enfant la responsabilité des décisions qui appartiennent aux adultes.
Accueillir la parole de l’enfant, ce n’est pas lui demander de choisir. C’est lui redonner sa place d’enfant, reconnaître ce qu’il vit et lui permettre de se construire avec davantage de sécurité intérieure.
